Paris, le 14 septembre 2026
Le projet européen sur le logement abordable menace les petits propriétaires, les TPE touristiques et l’économie locale, sans créer un seul logement supplémentaire. Le SPLM appelle à mettre fin aux restrictions aveugles et à traiter enfin les véritables causes de la crise.
Le Syndicat des professionnels de la location meublée (SPLM) partage l’objectif de rendre le logement plus accessible. Mais il refuse que la crise serve une nouvelle fois de prétexte pour désigner un bouc émissaire facile : les locations meublées de courte durée.
Le projet de loi européen sur le logement abordable risque d'encourager les collectivités, désarmées face à la crise du logement, à continuer de prendre la location courte durée comme un bouc émissaire, leur permettant de communiquer, même sans aucun résultat tangible.
Une fois encore, les décisions prises dans les bureaux de Bruxelles pourraient être payées par ceux qui travaillent dans les territoires : petits propriétaires, conciergeries, artisans, entreprises de nettoyage, blanchisseries, commerces, restaurateurs et professionnels du tourisme.
Les locations meublées ne sont pas responsables de la pénurie
Les locations de courte durée représentent seulement 1,2 % du parc de logements conventionnels de l’Union européenne. Une grande partie de ces biens sont des résidences principales louées occasionnellement ou des résidences secondaires qui ne rejoindraient pas le marché locatif à l’année en cas d’interdiction.
Dans le même temps, 20 % des logements européens sont vacants.
Les faits sont têtus. La crise du logement vient d’abord du manque de constructions, de la hausse du coût des travaux, de la multiplication des normes, de la dégradation de la rentabilité locative et de l’incapacité à remettre sur le marché les logements vacants. Pourtant, plutôt que de s’attaquer à ces difficultés, certains préfèrent montrer du doigt quelques propriétaires et quelques TPE.
La crise du logement ne se réglera pas en retirant leur complément de revenu à des familles ni en fermant des entreprises dans les territoires touristiques.
Interdire ne fait pas revenir les logements
Les expériences locales montrent que les restrictions brutales ne produisent pas les effets promis.
Au Pays basque français, la disparition de 6 000 locations de courte durée n’aurait permis le retour que de 5 % de ces logements sur le marché locatif à l’année. En revanche, les conséquences économiques sont bien réelles : les projections pour 2026 font état de 230,4 millions d’euros de retombées économiques annuelles perdues et de 4 000 emplois directs ou indirects menacés.
À Barcelone, malgré le gel des licences de location de courte durée depuis 2014, les loyers au mètre carré auraient augmenté de 72 %.
Ces résultats devraient servir de leçon. Une interdiction peut supprimer une activité en quelques mois. Elle ne construit aucun logement, ne rénove aucun immeuble et ne résout aucune pénurie.
En revanche, elle frappe immédiatement les TPE qui vivent de l’économie touristique. Dans de nombreuses communes rurales, littorales ou de montagne, la location meublée contribue directement à faire travailler les commerçants, les artisans et les prestataires locaux. Quand les visiteurs disparaissent, ce sont des pans entiers de l’économie locale qui s’affaiblissent.
Les petits propriétaires paieront pendant que l’administration communiquera
Derrière les statistiques, il y a des propriétaires qui louent ponctuellement leur résidence principale, des retraités qui complètent leur pension, des familles qui financent l’entretien d’un bien et des entrepreneurs qui ont créé leur emploi.
Ces acteurs ne disposent ni de services juridiques ni de moyens financiers importants. Ils subissent directement les changements permanents de réglementation, les restrictions territoriales et l’insécurité juridique.
Le danger est clair : à force d’empiler les contraintes, les pouvoirs publics élimineront d’abord les petits acteurs et les TPE. Ceux qui prétendent défendre les territoires risquent ainsi de favoriser la concentration économique et de détruire une activité largement répartie entre des milliers de professionnels indépendants.
Le logement est un sujet trop sérieux pour devenir un concours de communication politique.
Pas de restriction sans preuve ni évaluation
Le règlement européen sur les locations de courte durée est applicable depuis le 20 mai 2026. Il doit permettre de disposer de données plus précises et comparables. Pourtant, sa mise en œuvre est encore en cours et les informations nécessaires à une véritable évaluation ne sont pas encore disponibles.
Le SPLM demande donc qu’aucune nouvelle restriction ne puisse être adoptée sans :
- une démonstration documentée de son utilité pour le logement ;
- une étude préalable de ses conséquences sur les TPE, l’emploi et l’économie locale ;
- une consultation des propriétaires et des professionnels concernés ;
- une évaluation de sa nécessité et de sa proportionnalité ;
- une révision régulière permettant de supprimer les mesures inefficaces
- l’application de ces garanties aux restrictions déjà en vigueur
Les données collectées dans le cadre du règlement européen doivent constituer la base obligatoire de toute décision. Une collectivité ne devrait pas pouvoir interdire une activité sur la seule base d’impressions, de slogans ou de chiffres qu’elle refuse de rendre publics.
Construire plutôt qu’interdire
Depuis 2010, les prix des logements ont augmenté de 60,5 % dans l’Union européenne, contre 28,8 % pour les loyers. Cette évolution traduit une pénurie structurelle et une hausse du coût de production des logements.
La priorité doit donc être de construire, de rénover, de mobiliser les logements vacants et de redonner confiance aux propriétaires. Restreindre l’usage d’une infime partie du parc existant ne remplacera jamais une véritable politique du logement.
Le SPLM appelle les parlementaires européens et les États membres à ne pas sacrifier les territoires pour donner l’illusion d’agir. On ne logera pas davantage d’Européens en fragilisant les familles, les indépendants et les TPE qui font vivre nos communes.
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À propos du SPLM
Le Syndicat des professionnels de la location meublée représente et défend les professionnels de la location meublée et les entreprises qui participent à cette économie dans les territoires. Il œuvre en faveur d’une réglementation équilibrée, transparente et fondée sur des données objectives, conciliant droit de propriété, activité touristique et besoins locaux en matière de logement.
Contact presse :
Sacha Benhamou I 06 13 94 06 13 I sacha@lumen-influence.fr
