Refus du Conseil d'Etat de transmettre la QPC du SPLM sur les 90 jours : Une mesure injuste, une décision regrettable.
Paris, le 29 juillet 2025.
La semaine dernière, le Conseil d’État a décidé de ne pas transmettre au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité que nous avions déposée contre la limitation à 90 jours de la location meublée en résidence principale, dans le cadre d’une procédure devant le Tribunal administratif contre la Ville de Paris.
Nous prenons acte de cette décision, mais nous la regrettons profondément.
Le SPLM maintient que cette disposition de la Loi Le Meur donne lieu à des mesures disproportionnées, et porte atteinte au droit de propriété, sans aucune démonstration de son efficacité ni de lien de causalité sérieux avec les objectifs poursuivis, contraires au droit européen. Elle donne de surcroît un pouvoir arbitraire aux maires, au risque d’aboutir à des décisions politiques déconnectées de la réalité économique : partout où elle a été adoptée, elle l’a été sans aucune étude d’impact.
En limitant à 90 jours par an la possibilité pour un propriétaire de louer sa résidence principale, la loi ne remet aucun logement sur le marché de la location longue durée, puisque ces logements sont déjà occupés à l’année. En revanche, cette mesure porte directement atteinte au pouvoir d’achat de nombreux ménages, en particulier ceux qui utilisent ces revenus comme complément pour faire face au coût de la vie, notamment l’entretien et la rénovation du parc immobilier. Elle affaiblit aussi l’attractivité économique des villes en réduisant l’offre touristique.
Interdire n’est pas réguler. Nous continuerons à défendre une approche fondée sur le respect des droits du propriétaire, la proportionnalité et l’intérêt général – pas sur la stigmatisation.
Le SPLM continue en outre d’appeler à ce qu’il soit entamé une réflexion sur :
- Une vraie politique du logement qui traite les causes structurelles de la crise : vacances, construction, fiscalité, blocages administratifs.
- Une politique qui reconnaît la location de courte durée comme une activité légitime et historique du tourisme. L’importance de la location meublée touristique est une spécificité historique en France poussé par une clientèle qui plébiscite cette offre plus familiale. Le rôle des pouvoirs publics ne devrait pas être de privilégier une modalité d’hébergement au détriment d’une autre.
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A propos du SPLM
Le Syndicat des Professionnels de la Location Meublée (SPLM) est la première instance représentative de la location meublée en France. Depuis 2010, il représente les entreprises du secteur – gestionnaires, conciergeries, artisans du tourisme – qui accompagnent les propriétaires dans la mise en location de leurs biens en courte, moyenne ou longue durée.
Le SPLM défend une vision responsable et durable de la location meublée : respect des règles fiscales et urbanistiques, qualité de l’accueil, transparence de la gestion. Il milite pour une régulation fine et intelligente, tenant compte des réalités locales et de la diversité des situations.
Le syndicat s’est notamment distingué par l’adoption du premier Code d’éthique et de déontologie de la profession, et par son action en faveur d’une meilleure coopération avec les pouvoirs publics, en particulier sur les questions de lutte contre la fraude et d’encadrement des usages dans l’espace public.
Contact Presse
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Sacha Benhamou I sacha@lumen-influence.fr